Le haut débit fixe et les msan.

Dans le cadre de l’architecture NGN et IMS certains opérateurs télécoms africains ont introduit les technologies d’accès msan dites out Dour et indoor dès 2010. Les msan out dour sont installés par certains opérateurs historiques détenant l’infrastructure de la boucle locale au niveau des sous répartiteurs. Avec ces msan out dour, les offres des services de dégroupage sont assurés désormais au niveau des sous répartiteurs et non au niveau des répartiteurs généraux comme c’était le cas avec le dégroupage classique. Le dégroupage concernant la desserte les zones radiales, pourra être  toujours assuré au niveau des MSAN indour. L’accès virtuel partiel  à la partie partie métallique, située entre le msan out dour et l’abonné, consiste souvent en la fourniture des seules fréquences non vocales. L’accès total à cette partie métallique consiste en la fourniture de l’intégralité des fréquences.

Un MSAN est un équipement qui constitue, dans la plupart des architectures de type NGN, un point d’entrée unique vers les réseaux d’accès des opérateurs. A la différence d’un DSLAM, dont le châssis ne peut supporter que des cartes permettant de proposer des services de type xDSL, un MSAN peut supporter des cartes RNIS, Ethernet, voix sur IP… De ce fait, au sein d’un seul et même châssis, l’opérateur peut déployer toutes les technologies d’accès envisageables sur son réseau. Ainsi avec les msan out dour on demande aux opérateurs alternatifs de commander le dégroupage aux opérateurs historiques au niveau des sous répartiteurs. Cette évolution du dégroupage, du répartiteur général vers les sous répartiteurs, n’est pas facile pour les opérateurs alternatifs. En effet dans le cadre du dégroupage classique les opérateurs alternatifs avaient la possibilité de monter leur buisines plan en ayant la possibilité de s’adresser à un ensemble de sous répartiteurs alors que dans le cadre des msan out door les opérateurs alternatifs doivent concevoir leur business plan pour chaque sous répartiteur. Avec le dégroupage de la sous boucle locale avec les msan extérieurs, le dégroupage serait effectué bien plus « bas » sur le réseau au niveau des sous répartiteurs. Le déploiement de la fibre optique jusqu’aux sous répartiteurs, les opérateurs historiques uns fois autorisés, veulent réduire l’affaiblissement des lignes ADSL existantes. Il y a lieu faut dire que les diificultés ne manquent pas.

La première difficulté provient du fait que les sous-répartiteurs sont de petits armoires sur lesquels il n’est pas toujours facile d’autres équipements nouveaux. La deuxième vient des travaux de génie civil qu’il faut faire. La troisième difficulté est économique. On l’a déjà évoqué : Comment les opérateurs alternatifs vont cibler les clients à partir des sous répartiteurs? Enfin, la dernière difficulté est plutôt liée à l’évolution technologique. Avec l’avènement de la technologie du très haut débit FTTH,  les opérateurs alternatifs sont plus intéressés par cette technologie FTTH qui offre du très haut débit.

Etant donné la complexité du sujet ,dans certains pays le « dégroupage de la sous-boucle locale » a été décidé par le biais d’un amendement de loi télécom en vigueur. A cet effet et étant donné  l’impact des msan out dour sur la concurrence, certains pays, comme la France, on a dû le faire dans le cadre de l’amendement de la loi régissant les télécoms. D’autres pays ont simplement interdit l’installation des msan extérieurs pour des raisons liées notamment aux problèmes de l’esthétique des villes car les msan out door exigent d’autres installations actives à côté des sous répartiteurs. L’installation des MSAN outdoor par les opérateurs historiques à créer des conditions nouvelles et difficiles pour les autres opérateurs en ce qui concerne le dégroupage. En effet avant ces derniers opérateurs avaient la possibilité d’offrir des services notamment Internet à partir des répartiteurs généraux dans le cadre du dégroupage par l’utilisation des DSLAM en ciblant plusieurs sous répartiteurs  à la fois. Alors avec les MSAN outdoor on demande aux opérateurs alternatifs de faire venir la fibre jusqu’à ces MSAN outdour. Ce qui est compliqué pour eux car ces derniers doivent le faire dans le cadre de business plans rentables financièrement, ce qui n’est pas évident. Les pays africains doivent vraiement bien réflechir avant de décider l’installation des masan extérieurs ou le faire dans le cadre d’une grande intelligence collective avec tous les acteurs pour la mise en place des conditions favorables à l’accès aux infrastructures dites passives.

Au Maroc, dans le cadre du développement du secteur des télécommunications et notamment du haut débit, la note d’orientations générales pour le développement du secteur télécommunications pour la période 2004 – 2008 a adopté le dégroupage classique comme un levier de régulation et a retenu un calendrier. Rappelons que le dégroupage classique de la boucle locale repose sur l’installation de DSLAM dans les centraux de l’opérateur historique.

Un Arrêté du Premier Ministre, n°3-3-06 en date du 7 février 2006, a confirmé les dates suivantes, pour la mise ne œuvre du dégroupage de la boucle locale: le 8 janvier 2007 pour le dégroupage partiel et 8 juillet 2008 pour le dégroupage total. Sachant que parmi les spécificités marocaines on peut citer : Pas de réseau câblé susceptible de faire concurrence à l’ADSL, comme en France ou en Allemagne et aussi fort développement de la télévision par satellite et donc un intérêt a priori limité de la TV par ADSL, ce qui n’est pas le cas par exemple pour la France. En 2014 et l’ANRT a adopté en 2015, une décision concernant l’accès au génie civil de l’opérateur historique. (*) : consultant Télécom et TIC.

Par Youssef Diop (*)

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